Santé vaginale : pertes, mycose, vaginose, toilette douce

Les pertes vaginales normales, la mycose, la vaginose bactérienne, une toilette intime douce et quand consulter, d’après le NHS, l’OMS et les CDC.

Par l'équipe éditoriale de SOMAS Management 11 min de lecture

Deux serviettes suspendues au dessus d’une baignoire blanche, photo en noir et blanc sur la santé vaginale

La plupart des questions sur la santé vaginale commencent par les pertes : ce qui est normal, ce que signifie un changement, et s’il faudrait se laver davantage. Ce guide réunit ce que disent le NHS, l’OMS et les CDC sur les pertes normales, la mycose, la vaginose bactérienne, la toilette intime et la sécheresse vaginale. Quand les sources ne disent pas la même chose, il le précise. Ce sont des informations générales, pas un avis médical, et elles ne tiennent pas compte de votre situation. Pour cela, un médecin, une infirmière, une pharmacienne ou un service de santé sexuelle est le bon interlocuteur.

À quoi ressemblent des pertes normales

Les pertes vaginales sont normales, et la plupart des femmes et des filles en ont. Le NHS les décrit comme un liquide ou un mucus qui garde le vagin propre et humide et le protège des infections. Elles existent à tout âge, et on ne peut pas les empêcher : elles font partie du fonctionnement du corps.

D’après le NHS, les pertes ne sont en général pas inquiétantes quand elles :

  • N’ont pas d’odeur forte ou désagréable.
  • Sont claires ou blanches.
  • Sont épaisses et collantes, ou glissantes et humides.

La quantité varie. Les pertes sont souvent plus abondantes pendant la grossesse, avec une activité sexuelle ou sous contraception, et plus claires, plus humides et plus visibles autour de l’ovulation, entre deux règles. Les différentes options sont présentées dans les méthodes de contraception.

Quand les pertes changent

Selon le NHS, un changement d’odeur, de couleur ou de texture peut être le signe d’une infection. Il demande aussi de ne pas poser seule un diagnostic et de voir un médecin en cas d’inquiétude. Avec cette réserve, voici les causes possibles qu’il cite :

PertesCause possible
Odeur de poissonVaginose bactérienne
Épaisses et blanches, comme du fromage blancMycose
Vertes, jaunes ou mousseusesTrichomonase
Avec douleur pelvienne ou saignementChlamydia ou gonorrhée
Avec cloques ou plaiesHerpès génital
Les changements de pertes et les causes possibles citées par le NHS

Plusieurs de ces causes sont des infections sexuellement transmissibles. Le guide du dépistage des IST explique en quoi il consiste. Les services de santé sexuelle peuvent aussi aider en cas de pertes anormales : ils prennent en charge les problèmes des organes génitaux et du système urinaire.

Serviette en coton blanc et brin de feuillage, photo en noir et blanc sur la santé vaginale

La mycose vaginale

La mycose, ou candidose, est une infection courante due à une levure. Le NHS la dit en général sans gravité, mais inconfortable et prompte à revenir. L’OMS précise qu’elle touche des millions de femmes dans le monde, et les CDC la comptent parmi les infections fongiques les plus courantes.

Elle est due à Candida, une levure qui vit normalement dans le corps sans causer d’ennui. Les CDC rappellent que tout le monde en a sur la peau et dans la bouche, la gorge ou le vagin, le plus souvent sans aucun symptôme. La mycose apparaît quand cette levure prolifère, dans un milieu chaud et humide, lorsque l’équilibre naturel change.

Chez la femme, le NHS décrit ces symptômes :

  • Des pertes blanches, souvent comme du fromage blanc, qui ne sentent en général pas.
  • Des démangeaisons et une irritation autour de la vulve et du vagin.
  • Une douleur et des picotements pendant les rapports ou en urinant.

L’OMS parle de démangeaisons intenses, d’une vulve rouge et douloureuse et de pertes blanches épaisses d’aspect caillé, et note que la mycose n’est pas une cause habituelle d’infection urinaire. Il arrive aussi qu’elle ne donne aucun symptôme, selon le NHS.

Les trois sources citent des facteurs proches :

  • Les antibiotiques, qui détruisent des bactéries utiles à l’équilibre.
  • La grossesse et les variations hormonales, comme celles du cycle ou de la pilule.
  • Un diabète mal contrôlé.
  • Un système immunitaire affaibli.
  • Une peau irritée ou abîmée, et le traitement hormonal substitutif, que le NHS ajoute.

La mycose n’est pas classée parmi les infections sexuellement transmissibles, mais un rapport peut la déclencher et, plus rarement, la transmettre, explique le NHS. L’OMS dit la même chose. Pour l’un comme pour l’autre, le ou la partenaire n’a pas besoin de traitement sans symptômes.

Le traitement repose en général sur un antifongique, indique le NHS : un comprimé à avaler, un ovule à placer dans le vagin ou une crème contre l’irritation. Le médecin pose des questions sur les symptômes et, si le doute persiste, peut examiner la zone ou faire un prélèvement. Le NHS ajoute qu’un pharmacien peut aider quand une mycose a déjà été diagnostiquée, et qu’on peut lui demander un endroit discret pour en parler. L’OMS signale que la résistance à certains antifongiques progresse et qu’il vaut mieux parler des remèdes maison à un professionnel de santé. Quant aux régimes stricts contre les levures, elle juge les preuves de leur efficacité limitées.

Un point pratique, enfin : selon le NHS, les crèmes antifongiques peuvent abîmer les préservatifs et les diaphragmes, et la contraception risque alors de ne pas fonctionner pendant le traitement. Les bases du sexe plus sûr reviennent sur les préservatifs.

La vaginose bactérienne

La vaginose bactérienne correspond à un déséquilibre des bactéries naturellement présentes dans le vagin. L’OMS y voit une cause très fréquente de pertes chez les femmes en âge d’avoir des enfants, et précise qu’elle se traite. La cause exacte reste mal connue, pour les trois sources.

Le signe principal est une perte inhabituelle à forte odeur de poisson, surtout après un rapport, selon le NHS. Les pertes peuvent aussi devenir blanc grisâtre, fines et aqueuses. Beaucoup de femmes n’ont pourtant aucun symptôme : la moitié d’entre elles d’après le NHS, « certaines » pour l’OMS et « beaucoup » pour les CDC.

Sur les démangeaisons, les sources divergent. Le NHS écrit que la vaginose ne provoque en général ni douleur ni démangeaisons. L’OMS et les CDC, de leur côté, citent les démangeaisons ou l’irritation autour du vagin, et la brûlure en urinant, parmi les symptômes possibles.

Ce qui augmente le risque, selon les sources :

  • Les douches vaginales et le lavage de l’intérieur du vagin (OMS, CDC), ainsi que l’introduction d’herbes ou d’autres produits (OMS).
  • Les rapports sans préservatif, un nouveau partenaire ou plusieurs partenaires (OMS, CDC).
  • Un stérilet, et les produits parfumés dans ou autour du vagin (NHS).

La vaginose se rencontre surtout chez les personnes qui ont une activité sexuelle, mais elle peut survenir sans rapports : le NHS et les CDC le disent tous deux. Elle n’est pas classée parmi les infections sexuellement transmissibles, selon le NHS, mais un rapport peut la déclencher, et elle peut passer d’une partenaire à l’autre lorsque toutes deux ont un vagin. Les CDC précisent qu’on ne l’attrape ni sur des toilettes, ni dans la literie, ni à la piscine.

Elle compte pour deux raisons. Les trois sources indiquent qu’elle augmente le risque d’autres infections sexuellement transmissibles, dont le VIH ; le NHS avance que le vagin devient moins acide et se défend moins bien. Elle est aussi associée à des complications de la grossesse, comme une naissance prématurée. Le NHS juge ce risque faible et rappelle que la plupart des grossesses se déroulent sans problème, tandis que les CDC estiment très important de la traiter pendant la grossesse.

Le traitement repose en général sur des antibiotiques en comprimés, en gel ou en crème, prescrits par un médecin ou un service de santé sexuelle, d’après le NHS. La consultation sert à confirmer la vaginose et à écarter une IST : questions sur les symptômes, examen, parfois un prélèvement. Une partenaire peut aussi avoir besoin d’un traitement. Les CDC notent que la vaginose disparaît parfois seule, mais que le traitement aide à éviter les risques cités plus haut. Elle revient souvent, en général au bout de quelques mois, et un médecin peut aider à repérer ce qui la déclenche, comme les rapports ou les règles.

Pour la prévention, les CDC le reconnaissent : les scientifiques ne savent pas encore bien comment la vaginose se transmet ni comment la prévenir au mieux. Parmi les gestes qu’ils citent, renoncer aux douches vaginales et utiliser correctement un préservatif à chaque rapport.

Une toilette intime douce

Sur ce point, les sources se rejoignent. Les pertes gardent déjà le vagin propre, rappelle le NHS, et ses conseils pour éviter irritation, douleur ou sécheresse portent sur une toilette douce de la peau qui l’entoure.

Les habitudes que décrivent le NHS et l’OMS

  • Laver doucement la peau autour du vagin, à l’eau tiède avec un savon doux sans parfum. En cas de mycose, le NHS propose de l’eau et un émollient à la place du savon.
  • Bien sécher après la toilette.
  • Préférer la douche au bain, ce que le NHS suggère en cas de vaginose.
  • Choisir une lingerie en coton et des vêtements amples, et quitter vite une tenue de sport trempée de sueur ou un maillot de bain mouillé.

Ce qu’elles conseillent de laisser de côté :

  • Le lavage de l’intérieur du vagin, ou douche vaginale, que l’OMS et les CDC relient à la vaginose.
  • Les savons et gels parfumés, le bain moussant, les déodorants intimes et les lingettes parfumées.
  • Les liquides antiseptiques dans le bain et les lessives agressives pour la lingerie.
  • Les crèmes, lotions ou hydratants qui ne sont pas faits pour le vagin, car ils peuvent irriter davantage ou provoquer une infection.

L’OMS ajoute qu’éviter les produits parfumés ou agressifs limite l’irritation et réduit le risque de mycose. Le NHS compte aussi l’arrêt du tabac parmi les habitudes utiles contre la vaginose.

La sécheresse vaginale

La sécheresse a de nombreuses causes possibles, explique le NHS. Elle peut se manifester par une douleur ou des démangeaisons dans et autour du vagin, une gêne pendant les rapports, des pertes inhabituelles ou de légers saignements, un besoin d’uriner plus fréquent ou des infections urinaires à répétition.

Elle suit souvent une variation hormonale : la ménopause, la grossesse ou l’allaitement, une hystérectomie, un traitement contre le cancer, ou certains médicaments comme la contraception hormonale ou des antidépresseurs. Elle peut aussi venir d’une excitation insuffisante pendant le rapport, de produits parfumés ou d’une maladie comme le diabète.

Le NHS propose d’abord quelques solutions, pour la plupart sans ordonnance :

  • Un lubrifiant à base d’eau avant le rapport, dans et autour du vagin, sur le ou la partenaire ou sur un sextoy.
  • Un hydratant vaginal, conçu pour être appliqué à l’intérieur du vagin.
  • Des savons et produits de toilette sans parfum.
  • Des préliminaires variés, pour trouver ce qui favorise l’excitation.

La sécurité des sextoys précise quels lubrifiants conviennent à quelles matières. Quand la sécheresse vient d’un changement hormonal, un médecin peut proposer un traitement hormonal, qui ne convient pas à tout le monde, souligne le NHS. Les variations du désir, qui vont parfois de pair avec la sécheresse, sont abordées dans la baisse de libido.

Quand demander de l’aide

Le NHS conseille de demander un avis dans ces situations :

  • Des pertes qui changent de couleur, d’odeur ou de texture, ou plus abondantes que d’habitude.
  • Des démangeaisons ou une douleur, une brûlure en urinant, ou une douleur entre le ventre et les cuisses.
  • Un saignement entre les règles, après un rapport ou après la ménopause.
  • Des symptômes de mycose pour la première fois, une mycose qui revient souvent ou un traitement qui n’a pas marché.
  • Une mycose pendant la grossesse ou l’allaitement, ou avec un système immunitaire affaibli.
  • Un changement des pertes pendant la grossesse, à signaler à un médecin ou à une sage femme.
  • Une sécheresse qui dure depuis quelques semaines malgré vos essais, ou qui pèse sur la vie quotidienne.

Un saignement ou des pertes inhabituelles n’ont pas non plus à attendre le prochain dépistage : le dépistage du col de l’utérus explique pourquoi. Un médecin, une infirmière, une pharmacienne ou un service de santé sexuelle peut dire ce qui s’applique à votre cas.

Questions sur la santé vaginale

Avoir des pertes tous les jours, c’est normal ?

Oui. Le NHS rappelle que les pertes sont normales, que la plupart des femmes et des filles en ont, et que leur quantité varie avec le cycle, la grossesse, l’activité sexuelle et la contraception.

De quelle couleur sont des pertes normales ?

Claires ou blanches, selon le NHS, épaisses et collantes ou glissantes et humides, sans odeur forte ni désagréable.

La mycose est une infection sexuellement transmissible ?

Non. Le NHS et l’OMS indiquent qu’elle n’est pas classée comme telle, même si un rapport peut la déclencher et, plus rarement, la transmettre.

La vaginose bactérienne est une infection sexuellement transmissible ?

Le NHS indique qu’elle n’est pas classée comme telle, mais qu’un rapport peut la déclencher et qu’elle peut passer d’une partenaire à l’autre. Les CDC précisent qu’on ne l’attrape ni sur des toilettes, ni dans la literie, ni à la piscine.

Laver l’intérieur du vagin, c’est utile ?

Non, selon les sources. Le NHS range le lavage de l’intérieur du vagin parmi ce qu’il faut éviter, et l’OMS et les CDC associent la douche vaginale à un risque plus élevé de vaginose.

La vaginose peut disparaître sans traitement ?

Parfois, selon les CDC, mais le traitement aide à éviter les risques associés, comme d’autres infections ou des complications de la grossesse. Un médecin ou un service de santé sexuelle peut vous conseiller.

Dans ce guide

Sources et pour aller plus loin

Information générale de l’équipe éditoriale de SOMAS Management, fondée sur les sources publiques citées dans cet article. Elle ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un service de santé sexuelle, et les recommandations varient d’un pays à l’autre. Une relecture par un professionnel est prévue. Sources vérifiées le 29 octobre 2026.

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