Sexe plus sûr : préservatif, digue dentaire et lubrifiant
Sexe plus sûr selon le NHS et le CDC : comment utiliser préservatifs et digues dentaires, quel lubrifiant choisir et quand demander de l’aide.
Fait partie du guide : Dépistage des IST : quand, comment et où se faire tester
Par l'équipe éditoriale de SOMAS Management 10 min de lecture

Le sexe plus sûr repose sur quelques habitudes : utiliser une barrière comme un préservatif ou une digue dentaire, l’utiliser correctement et se faire dépister. Ce guide expose ce que disent le service de santé NHS et l’agence de santé publique CDC à ce sujet. Chaque source est citée en fin de page. Ce sont des informations générales, pas un avis médical, et elles ne tiennent pas compte de votre situation. Pour cela, un médecin, une infirmière ou un service de santé sexuelle est le bon interlocuteur.
Ce que veut dire sexe plus sûr
Le sexe plus sûr consiste à réduire le risque d’attraper ou de transmettre une infection sexuellement transmissible (IST). Le CDC écrit que la seule façon d’éviter les IST est de ne pas avoir de rapports vaginaux, anaux ou oraux. Pour les personnes qui ont des rapports, il cite deux façons de réduire le risque. La première est une relation longue et mutuellement monogame avec un ou une partenaire qui n’a pas d’IST, par exemple dont les résultats de test sont négatifs. La seconde est l’utilisation correcte de préservatifs en latex à chaque rapport.
Le NHS explique pourquoi les habitudes comptent. Beaucoup d’IST n’ont aucun symptôme : on peut en avoir une sans le savoir et la transmettre pendant un rapport. La seule façon de le savoir avec certitude est de se faire dépister. Le guide du dépistage des IST en présente les bases.
Les barrières en un coup d’œil
| Barrière | Utilisée pour | À savoir | Source |
|---|---|---|---|
| Préservatif externe | Rapports vaginaux, anaux et oraux | Le mettre avant tout contact génital, et en prendre un nouveau à chaque fois | NHS, CDC |
| Préservatif interne | Rapports vaginaux et anaux | Aide à protéger contre les IST s’il est bien utilisé pour un rapport vaginal. Pour un rapport anal, les preuves manquent pour dire quelle protection il offre | NHS |
| Digue dentaire | Sexe oral sur le vagin ou l’anus | Une fine feuille de latex ou de polyuréthane. Un préservatif peut être ouvert pour en faire une | CDC |

Les préservatifs externes
Le NHS écrit qu’utiliser un préservatif à chaque rapport est la meilleure façon de se protéger et de protéger son ou sa partenaire du VIH et d’autres IST. Les préservatifs peuvent servir pour les rapports vaginaux, anaux et oraux, et certaines personnes en mettent aussi sur un sextoy. La sécurité des sextoys détaille le sujet.
Avant de l’utiliser
- Prendre un nouveau préservatif à chaque fois, en suivant les instructions de l’emballage.
- Vérifier la date limite d’utilisation. Selon le NHS, un préservatif périmé peut être inefficace.
- Chercher sur l’emballage une marque de sécurité, qui signifie que le préservatif a été testé selon des normes de sécurité élevées.
- Regarder de quoi il est fait. Certains préservatifs sont en latex, d’autres sans latex, et l’emballage l’indique. Le NHS déconseille les préservatifs en latex en cas d’allergie au latex, ou en cas d’utilisation d’un médicament antifongique sur ou autour des organes génitaux ou de l’anus.
- Ne pas les ranger dans un portefeuille. Le CDC explique que la chaleur et le frottement peuvent les abîmer.
Le mettre et le retirer
- 1
Ouvrir avec précaution
Ouvrir l’emballage avec soin pour ne pas abîmer le préservatif. Le NHS précise de ne pas utiliser les dents, qui pourraient le déchirer.
- 2
Le mettre en premier
Le mettre avant tout contact génital, autrement dit avant que le pénis touche le vagin ou l’anus.
- 3
Le dérouler jusqu’à la base
Chasser l’air du bout, puis dérouler le préservatif jusqu’à la base. S’il ne se déroule pas, il est sans doute à l’envers : le NHS conseille de le jeter et d’en prendre un nouveau.
- 4
Le garder en place
Le garder jusqu’à la fin du rapport. Tenir la base en se retirant, pour qu’il reste en place.
- 5
Le jeter
Mettre un préservatif usagé à la poubelle, pas dans les toilettes.
Deux erreurs sont bonnes à connaître. Le NHS explique que l’usage de plusieurs préservatifs à la fois peut faire déchirer l’un ou les deux, et le CDC indique qu’un préservatif ne doit jamais être réutilisé.
Les préservatifs internes
Un préservatif interne est fait de plastique mince et souple ou de caoutchouc, et se place dans le vagin ou dans l’anus avant le rapport. D’après le NHS, presque tous sont en plastique ou en caoutchouc synthétique, certains sont en latex, et l’emballage précise la matière.
Selon le NHS, un préservatif interne peut être placé jusqu’à 8 heures avant le rapport. Les étapes qu’il donne :
- 1
Ouvrir avec soin
Ouvrir l’emballage sans utiliser les dents.
- 2
L’introduire
Tenir l’anneau intérieur, introduire le préservatif dans le vagin et le pousser aussi loin que possible avec un doigt.
- 3
Laisser l’anneau dehors
L’anneau extérieur reste à l’extérieur du vagin, et pendant le rapport le pénis doit entrer à l’intérieur du préservatif.
- 4
Le retirer avec soin
Après le rapport, tordre l’anneau extérieur quelques fois pour que le sperme ne s’écoule pas pendant le retrait, puis mettre le préservatif à la poubelle, pas dans les toilettes.
Il ne faut pas utiliser un préservatif interne en même temps qu’un préservatif externe : le NHS explique que l’un ou les deux peuvent se déchirer. Il cite aussi des exemples d’utilisation incorrecte : placer le préservatif après que le pénis a touché le vagin, le laisser se déchirer ou se déplacer, ou laisser le pénis entrer dans le vagin en dehors du préservatif.
Sur la protection, le NHS écrit que les préservatifs internes aident à protéger contre les IST lorsqu’ils sont bien utilisés pour un rapport vaginal. Pour un rapport anal, ils peuvent aider, mais les preuves ne suffisent pas pour dire quelle protection ils offrent.
Les digues dentaires
Le CDC décrit les digues dentaires comme des feuilles de latex ou de polyuréthane placées entre la bouche et le vagin ou l’anus pendant le sexe oral. On peut en acheter en ligne, prêtes à l’emploi, et le CDC explique comment en fabriquer une avec un préservatif en latex ou en polyuréthane : couper le bout et la base, couper le long d’un côté et l’étaler à plat.
Les conseils du CDC pour les digues dentaires :
- Utiliser une nouvelle digue à chaque sexe oral.
- Lire l’emballage, vérifier la date limite et l’absence de déchirure ou de défaut.
- La mettre en place avant de commencer et la garder jusqu’à la fin.
- La ranger dans un endroit frais et sec.
- Ne pas la réutiliser, ne pas l’étirer et ne pas la jeter dans les toilettes.
Lubrifiant et latex
Le NHS déconseille le lubrifiant à base d’huile avec les préservatifs en latex, y compris les préservatifs internes en latex. Il nomme comme solution un lubrifiant à base d’eau ou de silicone. Le CDC range l’huile pour bébé, la lotion, la gelée de pétrole et l’huile de cuisine parmi les produits qui font casser un préservatif ou une digue dentaire. Pour les digues dentaires, il conseille un lubrifiant à base d’eau ou de silicone afin d’éviter la casse.
Le sexe oral
Le CDC écrit que beaucoup d’IST se transmettent par le sexe oral. Il cite la chlamydia, la gonorrhée, la syphilis, l’herpès, le HPV et le VIH, et précise que toute personne exposée à un ou une partenaire infectée peut contracter une IST dans la bouche, la gorge, les organes génitaux ou le rectum. Il ajoute que beaucoup d’IST n’ont pas de symptômes : on peut donc les transmettre même quand personne n’a de signes.
Pour le VIH, le CDC indique qu’il y a peu ou pas de risque de l’attraper ou de le transmettre par le sexe oral, et que, selon des études, ce risque est beaucoup plus faible que par un rapport vaginal ou anal. Cela peut ne pas être vrai pour les autres IST.
Utiliser à chaque fois un préservatif, une digue dentaire ou une autre barrière peut réduire le risque de donner ou de recevoir une IST. Pour le sexe oral sur le pénis, le CDC suggère un préservatif en latex non lubrifié, ou en polyuréthane en cas d’allergie au latex. Pour le sexe oral sur le vagin ou l’anus, il suggère une digue dentaire, ou un préservatif ouvert pour former un carré et placé entre la bouche et le vagin ou l’anus.
Si un préservatif se déchire ou se détache
Le NHS donne ici un conseil urgent. Mieux vaut demander tout de suite de l’aide à un pharmacien, à un centre de santé sexuelle ou à un médecin si un préservatif se déchire ou se détache pendant un rapport, ou si un préservatif interne se déchire, se déplace ou fuit. Une contraception d’urgence ou un test d’IST peut être nécessaire.
Dépistage et dialogue
Le CDC conseille, quand on a des rapports, de demander à un professionnel de santé un dépistage régulier des IST et du VIH. Il conseille aussi de lui parler ouvertement des pratiques qui exposent à des risques, y compris le sexe oral, et de parler des IST avec ses partenaires. Le NHS ajoute que les médecins et les professionnels de santé sont là pour aider, et qu’il faut essayer de ne pas se sentir mal à l’aise pour parler de ses activités sexuelles ou de sa sexualité. La liste à voir avant de commencer un jeu kink comprend une partie santé et sécurité, et parler de ses désirs propose des façons douces d’ouvrir la conversation. Pour le col de l’utérus, le dépistage et le HPV présente le frottis, et la cystite et les infections urinaires ont leur propre guide.
Tout cela suppose que chaque personne concernée est d’accord. Donner, demander et retirer son accord explique comment fonctionne le consentement.
Quand demander de l’aide
Le NHS conseille de se rendre dans un centre de santé sexuelle dans les cas suivants :
- Vous pensez avoir une IST.
- Un ou une partenaire a des symptômes d’IST.
- Vous êtes inquiète après un rapport sans préservatif ni digue dentaire.
- Des symptômes d’IST pendant une grossesse.
- Vous avez des rapports avec de nouveaux partenaires.
Il ajoute qu’il ne faut pas avoir de rapports, y compris oraux, sans préservatif ni digue dentaire tant qu’un bilan ou un dépistage n’a pas été fait. La partie sur le déroulement d’un test, dans le guide du dépistage des IST, explique à quoi ressemble une consultation.
Questions sur le sexe plus sûr
Il faut une barrière pour le sexe oral ?
Le CDC écrit que beaucoup d’IST se transmettent par le sexe oral et qu’utiliser à chaque fois un préservatif, une digue dentaire ou une autre barrière peut réduire le risque. Il indique qu’il y a peu ou pas de risque de VIH par le sexe oral, mais que cela peut ne pas être vrai pour les autres IST.
Quel lubrifiant avec les préservatifs ?
Le NHS nomme un lubrifiant à base d’eau ou de silicone pour les préservatifs en latex et déconseille ceux à base d’huile. Le CDC ajoute que l’huile pour bébé, la lotion, la gelée de pétrole et l’huile de cuisine font casser un préservatif ou une digue dentaire.
On peut fabriquer une digue dentaire avec un préservatif ?
Le CDC explique comment : ouvrir et dérouler un préservatif en latex ou en polyuréthane, couper le bout et la base, couper le long d’un côté et l’étaler à plat.
Que faire en cas d’allergie au latex ?
Le NHS déconseille les préservatifs en latex en cas d’allergie au latex, et note que certains préservatifs sont sans latex, ce que l’emballage précise. Pour le sexe oral sur le pénis, le CDC suggère un préservatif en polyuréthane en cas d’allergie au latex.
Utiliser deux préservatifs, c’est plus sûr ?
Non. Le NHS explique que l’usage de plusieurs préservatifs à la fois peut faire déchirer l’un ou les deux. Il donne le même avertissement pour l’association d’un préservatif interne et d’un préservatif externe.
Que faire si un préservatif se déchire ?
Le NHS conseille de demander une aide urgente à un pharmacien, à un centre de santé sexuelle ou à un médecin. Une contraception d’urgence ou un test d’IST peut être nécessaire.
Sources et pour aller plus loin
- Infections sexuellement transmissibles (page en anglais) NHS
- Préservatifs externes (page en anglais) NHS
- Préservatifs internes, dits féminins (page en anglais) NHS
- Risque d’IST et sexe oral (page en anglais) CDC
- Comment utiliser une digue dentaire (page en anglais) CDC
- Comment utiliser un préservatif (page en anglais) CDC
Information générale de l’équipe éditoriale de SOMAS Management, fondée sur les sources publiques citées dans cet article. Elle ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un service de santé sexuelle, et les recommandations varient d’un pays à l’autre. Une relecture par un professionnel est prévue. Sources vérifiées le 28 octobre 2026.



