Image corporelle et sexualité : se sentir à l’aise

Comment l’image que l’on a de son corps influence le désir et le plaisir, et ce qui aide : moins de comparaison, plus d’attention aux sensations, des mots doux.

Fait partie du guide : Le désir sexuel : ce que c’est et pourquoi il varie

Par l'équipe éditoriale de SOMAS Management 7 min de lecture

Miroir rond au dessus d’un lit fait avec des coussins, photo en noir et blanc sur l’image du corps

Peu de personnes se sentent tout à fait à l’aise dans leur corps en permanence, et beaucoup disent que le regard qu’elles portent sur lui entre dans la pièce avec elles. Il peut rendre la lumière trop vive, le toucher trop observé, ou l’attention absente du moment. Ce guide parle de l’image corporelle et de la sexualité avec des mots simples : ce qu’est l’image corporelle, comment elle peut colorer le désir et le plaisir, et ce qui aide. Ses lectrices sont des adultes, et le texte ne devient jamais explicite. Il ne donne aucun conseil sur le poids, l’alimentation ou l’apparence, et il ne remplace pas un soutien professionnel.

Ce que recouvre l’image corporelle

L’image corporelle, c’est le portrait et les sentiments que l’on porte sur son propre corps. Ce n’est pas la même chose que l’apparence aux yeux des autres, et elle peut changer d’une heure à l’autre. Une bonne matinée, une remarque blessante ou un passage sur un fil d’actualité suffisent à la faire bouger.

Image corporelle
Le portrait et les sentiments que l’on porte sur son propre corps, qui peuvent différer beaucoup de ce que voient les autres.
Neutralité corporelle
Une façon de penser où le corps n’a pas à être beau ou laid. Il est le vôtre, et il fait des choses pour vous.
Sensation
Ce que l’on ressent de l’intérieur : la chaleur, la pression, le souffle, le toucher. C’est un autre canal que le regard.

Comment cela se manifeste dans l’intimité

L’image corporelle se glisse dans de petits détails très concrets. Vous en reconnaîtrez sans doute certains, et ce n’est pas grave.

  • Vouloir la lumière éteinte, une couverture sur soi ou seulement certains angles.
  • Se regarder de l’extérieur, comme depuis le plafond, au lieu de ressentir de l’intérieur.
  • Se comparer à des images vues en ligne.
  • Se retirer du toucher à certains endroits.
  • Organiser la scène pour cacher quelque chose plutôt que pour ce qui fait du bien.

Rien de tout cela n’est un défaut, et rien ne vous empêche de prendre du plaisir. Le remarquer aide pourtant, car l’attention qui va à l’apparence en laisse moins à ce que l’on ressent. Le désir sexuel et ses variations explique comment des choses ordinaires, l’humeur et le contexte notamment, colorent notre ouverture.

Branche fleurie près d’une fenêtre, photo en noir et blanc sur l’image du corps

D’où vient ce portrait

Ce portrait se construit sur des années. Des fils d’actualité remplis d’images éclairées, cadrées et retouchées, des remarques entendues il y a longtemps, des comparaisons avec des amies et des changements dans votre propre vie y laissent leur trace. Savoir d’où vient une pensée ne la fait pas disparaître, mais elle ressemble alors moins à un fait et davantage à une habitude prise en chemin.

Passer du regard au ressenti

  1. 1

    Commencer par ce que vous sentez

    Faites une pause et nommez une ou deux sensations : la chaleur d’une couverture, le poids d’une main, votre propre souffle. Sentir donne à votre attention un endroit où se poser qui n’est pas le miroir.

  2. 2

    Changer le décor, pas votre corps

    Ajustez la lumière, la température, les vêtements, la musique et l’intimité jusqu’à ce que la pièce vous paraisse facile. C’est une façon de prendre soin de vous, pas de vous cacher.

  3. 3

    Adoucir la voix intérieure

    Quand une pensée dure arrive, imaginez ce que vous diriez à une amie à votre place, puis tenez un propos semblable sur vous. Viser le neutre est un très bon objectif : inutile de vous forcer à vous faire un compliment.

  4. 4

    Se regarder avec bienveillance, si l’on se regarde

    Certaines personnes trouvent utile de passer quelques minutes calmes devant un miroir, à remarquer ce qu’elles aiment sans rien corriger. Si cela aggrave les choses, laissez cet exercice de côté.

  5. 5

    Bouger pour le ressenti

    Une marche, une danse ou quelques étirements, ce qui convient à votre corps aujourd’hui, et non ce qui change son apparence.

  6. 6

    Faire court et recommencer

    Une ou deux minutes, souvent, valent mieux qu’un long effort. Un journal du désir est un endroit doux pour remarquer ce qui aide.

Ce que vous regardez compte

Ce que l’on regarde chaque jour façonne ce qui paraît normal. Un fil rempli d’images étroites et retouchées peut faire d’un corps ordinaire une exception. Vous pouvez changer le mélange.

Un fil plus doux

  • Masquer ou ne plus suivre les comptes qui laissent une impression pire après une minute.
  • Suivre des personnes dont le corps ressemble au vôtre et dont vous aimez le travail.
  • Se rappeler qu’une image est éclairée, cadrée, choisie et souvent retouchée.
  • Prendre un jour sans défilement quand la comparaison devient bruyante.
  • Remarquer ce que l’on ressent en regardant, pas seulement ce que l’on voit.

Les créatrices le savent mieux que d’autres : chaque image publiée est un choix, et c’est un rappel utile quand on regarde celles des autres.

En parler à un partenaire

Un partenaire ne lit pas dans vos pensées, et la plupart préfèrent qu’on leur dise ce qui aide plutôt que de deviner. Vous pouvez demander ce qui vous met à l’aise sans expliquer chaque raison.

Des phrases utiles

  • « Je me sens plus détendue quand la lumière est basse. On peut la garder comme ça ? »
  • « J’aimerais entendre ce que tu aimes, plutôt que des remarques sur mon apparence. »
  • « Si je deviens silencieuse, ce n’est pas à cause de toi. J’ai juste besoin d’une minute. »
  • « S’il te plaît, ne plaisante pas sur mon corps, même gentiment. »

Un partenaire attentif écoutera et s’ajustera. Parler de ses désirs propose d’autres mots pour ces conversations, et les limites sexuelles aident à décider ce qui reste hors de portée.

Dans votre travail

Un contenu sans visage ne veut pas dire que votre corps est absent du travail. Cela veut dire que vous décidez de ce qui en apparaît et de la manière. Vous n’êtes jamais votre cadre : une photo est un petit morceau choisi de vous à un moment donné, et vous pouvez refuser tout angle, tout recadrage ou toute retouche qui vous déplaît.

  • Une bonne agence ne fait jamais de remarque blessante sur votre corps, ne pousse jamais une retouche qui vous déplaît et ne laisse jamais entendre que vous devriez avoir un autre aspect.
  • Les réactions des abonnés disent quelque chose de leurs goûts, pas de votre valeur. Parler à ses abonnés explique comment vous protéger des messages désagréables.
  • Un personnage de scène crée de la distance, puisque la personne à l’écran est un rôle que vous dessinez. Créer un personnage de scène montre comment, et la timidité devant la caméra traite de la pratique.
  • Les bases du contenu sans visage montrent comment construire un style qui vous garde anonyme sans paraître vide.

Quand c’est plus qu’une inquiétude passagère

Si les pensées sur votre corps occupent une grande part de vos journées, vous empêchent de faire ce que vous voulez ou pèsent trop lourd pour être portées seule, c’est une bonne raison d’en parler. Une personne de confiance peut aider, et un professionnel qui écoute sans juger aussi. Pour en trouver un, les questions à poser lors d’un premier appel sont une façon concrète de commencer. Vous pouvez aussi vous arrêter et vous reposer quand il le faut, et explorer à votre rythme rappelle que rien ici n’a d’échéance. Si votre désir a aussi baissé et que cela vous pèse, la baisse de libido chez la femme présente ce que disent les sources de santé sur les causes et sur le moment d’en parler à un médecin.

Questions sur l’image corporelle et la sexualité

C’est normal de me sentir mal à l’aise avec mon corps pendant l’intimité ?

Oui. Beaucoup de personnes le ressentent, au moins par moments. Cela ne veut pas dire que quelque chose ne va pas chez vous, et cela s’apaise souvent avec la confiance, un cadre détendu et l’attention portée à ce que l’on ressent.

Je dois aimer mon corps pour apprécier le sexe ?

Non. Beaucoup de personnes visent le neutre plutôt que l’adoration. Le confort, la confiance et l’attention aux sensations comptent souvent plus que l’approbation.

Je peux garder la lumière basse ou mes vêtements ?

Oui. Ajuster le cadre pour être à l’aise fait partie de l’intimité, et un partenaire respectueux ne s’y oppose pas.

Un contenu sans visage aide à se sentir mieux dans son corps ?

Il donne du contrôle sur ce qui est montré, ce que beaucoup trouvent apaisant. Il n’efface pas les sentiments, alors il vaut mieux avancer doucement et faire une pause quand il le faut. Faire une pause explique comment.

Mon partenaire fait des remarques sur mon corps, que faire ?

Vous pouvez lui demander d’arrêter, et vous avez le droit d’attendre que cela soit respecté. Si les remarques continuent, cela en dit long sur la relation, pas sur votre corps.

Information générale sur la santé au quotidien, pas un avis médical. Si quelque chose vous inquiète, consultez un professionnel de santé.

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